29/04/2010

Il n'a toujours aucun nom...

[...] Je le regardais souvent lorsqu'il était distrait par des choses inutiles. Je ne lui avais toujours pas donné de nom et pourtant il demeurait près de moi. Le fait que je ne puisse pas l'appeler lui donnait un coté mystique, la sensation qu'il ne m'appartenait pas, qu'il pouvait partir à tous moments. Je n'y survivrais pas, mais il sait qu'il est libre. Libre de pousser la grille du jardin pour s'enfoncer dans Londres. Prendre le Tower Bridge pour ne plus jamais revenir. Jamais il ne s'est approché de la grille, jamais il ne l'a regardé. Je n'invite pas les gens à venir ou à rester. Je les invite juste à rester libre, moi qui ait vécu tant de jours enchaînée. Oui, ils l'ont enterrés, j'ai entendue les cloches. Un papillon noir s'est posé sur mon épaule. Je crois que c'était un signe.

Kaikan a deserté le cocon glacial quelques jours. Je ne sais pas où il est partie mais j'ai été contente quand il est revenu. Un matin alors que le soleil se levait à peine, une ombre noire s'est glissée entre les volets. Il ne neige presque plus et le temps et très doux. Des arbres bourgeonnent, ça sent le printemps. 

29/10/2009

...

Cela faisait tellement longtemps que même lui, Kaikan, ne s'en souvenais pas. Je sais qu'il s'est levé ce matin et qu'il est sorti dehors prendre l'air. Je sais qu'il a rencontré les roses presques fanées et qu'elles lui ont dit qu'elles trouvaient que le ciel était bien sombre. Je pense que Kaikan à tourné la tête et

04/09/2009

elle est morte ce matin...

[...] "Elle est morte" hurlait Kaikan à peine entré sur la propriété. Il le repeta encore jusqu'à se poser sur une branche à coté de moi. Je taillais les roses. Sans détourner mon regard, je lui ai demandé qui était morte pour le mettre ainsi dans cet état.

"Elle!" me répondit-il attendant une réaction de ma part.

-"Je sais." lui répondis-je en partant avec mon panier de fleurs fanés.

-"Tu le... sais?" me demanda t-il en me suivant en volant.

-"Bien sur, comment ne pourrais-je pas le savoir?

-"C'est toi qui l'a tué?" voilà qu'il me regardait avec un air méfiant. Le croyait-il vraiment? Serais-je capable d'un tel acte?

-"Bien sur que non..." Je posais le panier sur la table de la cuisine et partit dans la serre. "Je l'ai ressentie. Voilà tout. Tu me déçois de croire cela de moi. Comment aurais-je pu?" Il me regarda face à la vérité. Il le savait et moi aussi. C'était l'essentiel.

-"Tu n'iras pas à son enterrement...

-"Qu'elle idée stupide Kaikan. Te voilà beaucoup plus chamboulé que moi!

-"C'est que... tes cicatrices..." Je me retournais pour le regarder.

-"Tu pensais que j'allais sauter de joie ou... m'éffondrer sur le sol peut-être. Non cette nouvelle ne me donne ni joie ni peine. Je me sens simplement liberé. Bien que mes chaînes aient disparus depuis longtemps, je me sentais tout de même retenue. Ailleurs. Quelque part. Je sais que..." Le grincement de la porte d'entrée me coupa dans mon élan. Je sais qu c'était lui. Celui que j'avais privé de nom à cause d'un sentiment mal placé. Je m'avançais pour le rejoindre.

-"Ne t'en fais pas..." dis-je doucement à Kaikan en esquissant un léger sourire. Ce fut la première fois qu'il en vit un apparaitre sur mon visage. Celui-ci lui était particulièrement destiné.

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31/08/2009

...

"Je n'ai pas besoin de coeur

pour connaitre mes sentiments..."

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04/08/2009

...

[...] Je me retranche petit à petit sur moi même. Je n'y peux rien, c'est indépendant de ma volonté. Quand il n'est pas là, je maudis les autres. Et pourtant... Cette nuit Kaikan s'est posé sur notre lit alors que je ne trouvais pas le sommeil. Il m'a demandé si j'allais faire quelque chose. Je lui ai répondu que non, que je ne voulais pas agir. Il a alors répliqué que ce n'était pas là l'attitude d'une reine des neiges. Je n'ai pas relevé. J'ai juste posé la question de savoir, et s'il venait finalement. Prend t-il conscience de tout ce qu'il laisse? Moi qui n'ai que peu d'amies, je ne me vois pas lui demander de tout quitter seulement pour être avec moi. Et si on dérape et qu'on tombe? "Seul le temps répondra à tout ça." conclu philosophiquement le corbeau. J'ai tourné la tête vers lui et je me suis dit que le lendemain j'allais tout oublier. Que je n'allais pas me prendre la tête. A chaque fois qu'il part, je lui fait signe de la main sur les marches du perron. Je le regarde s'éloigner et je prend conscience, quand il passe le portail en fer, qu'il a une vie lui aussi. Loin, avec des amis, une famille. Il bouge, il fait des choses, il s'endort et se réveille. Il respire. Il vit. Je rentre alors dans le chateau glacial et je reprend mes activités. Sans rien dire et j'attend ses nouvelles. "Il dit qu'il n'appartiens qu'à moi." Voilà ce que je lache à Kaikan lorsqu'il me regarde méfiant du coin de l'oeil.

-"Et que détiens-tu de lui? Son coeur?" me répond t-il siniquement.

-"Non, je ne veux pas en entendre parler j'aurais trop peur de..." murmurais-je en regardant ma main.

-"De?

-"De tenir cet organe chaud, battant, dégoulinant tout rouge sur ma main. J'aurais trop peur de le faire tomber ou de le serrer trop fort entre mes doigts." continuais-je en me déconnectant du monde. "Non... on ne devrait jamais donner une chose si précieuse. Et jamais en parler. Car les mots ne sont que mensonges.

-"Ou cache misère!"

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06/07/2009

...

Lui changer son surnom?

Intense reflexion...

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02/07/2009

...

Assise à même le sol, le regard perdu, mon cerveau se met en veille. Le message froissé encore dans ma main. Des bruits de pas derrière moi se font entendre. Je ne bouge pas. François se poste à coté de moi.

-"Il n'a pas fait exprès..." me dit-il. Je sais qu'il me regarde de cet air que je lui connais. Mi-inquiet, mi-desespéré.

-"Je le sais..." lui repondis-je en ne bougeant toujours pas. Je peux sentir son léger sourire éfleurer ses lèvres.

-"Alors pourquoi te tortures-tu ainsi?" Sa main chaude passe doucement sur mes cheveux détachés.

-"Ce n'est pas moi, c'est ma tête.

-"Ainsi ta tête ne ferait pas partie de ton corps et de ta volonté.

-"Non...

-"Alors ordonne lui de se taire." Il s'accroupit à mes cotés. "Ne lui laisse pas le loisir de te manger sachant que tu n'as aucune raison de t'en faire. Ignore la, elle se taira d'elle même.

-"Oui tu as raison.

-"Reponds lui. Il doit s'inquiéter.

-"Peu m'importe.

-"Ne me reponds pas ça en ayant les larmes aux yeux. Sois un minimum crédible.

-"Mais je le sais. Que ce n'est rien. Que je n'ai rien a craindre. Que je dois accepter. Mais je ne peux m'empecher de repenser à avant.

-"C'est toi qu'il..." me murmure t-il en m'embrassant doucement sur le front. "Ne l'écoute plus. Reponds lui. Même pour lui faire croire que tu étais occupée ailleur. Je sais que tu ne lui diras rien."

Le silence envahit la pièce. Je le regarde pour la première fois. Il me sourit et je lui rend timidement. Il se redresse et m'aide à me relever. Tandis que j'écris à la plume un message, il regarde par la fenêtre. "Voilà qu'il pleut maintenant..."

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