07/12/2008

History of dolly...

Je croyais que… tout ça était finis. Les souffrances inutiles qui vous coupent tout espoir, les critiques incessantes qui vous mettent plus bas que terre, ces envies obsédantes d’en finir, de partir, ailleurs, là où le soleil brille mais ne brûle pas… C’est utopique tout ça. Tout, tous les désirs sont utopiques et ne restent qu’un rêve qui vous étouffe pendant votre sommeil. Jamais calme. Jamais paisible. Le monde vous flagelle avec le vent et la pluie, les gens vous plantent des couteaux dans le dos et rigolent de vous voir tomber. Mais vous, vous avez la rage de vaincre. Cette rage qui vous pousse à sourire tout le temps pour prouver à vos bourreaux que ce qu’ils vous affligent ne vous touchent pas. Ils ne vous touchent que trop mais vous fermez votre jolie gueule d’amour. Vous ne représentez plus une personne à part entière. Vous êtes réduit à un objet. Un objet fait et programmé que pour le sexe. Ca vous fait mal quand vous baisez et ça vous fait du bien. La souffrance c’est la seule chose que vous pouvez ressentir aujourd’hui. Vous l’accepter… Vous accepter tout et vous gardez l’espoir que demain tout sera oublié. Les cicatrices et le sang qui coule n’étaient que cauchemars. Que vos envies de fuir seront remplacées par ce désir de rester auprès de gens pour qui vous comptez. Les jours de calvaires se remplaceront par un désir d’arrêter le temps juste quelques secondes pour prendre mieux part à ce bonheur. Le bonheur c’est comme la liberté, ça n’existe pas. Et les gens vous regardent et au lieu de vous tendre la main, de vous réconforter, ils vous critiquent. Ils sont égocentriques et utopistes, autant que vous. On ne peut pas sortir d’un puit tout seul mais il y aura toujours un con pour vous en vouloir de rester au fond de ce trou humide et sombre. Ils ne voient rien parce qu’ils ne veulent pas voir. Chaque critique est un coup de couteau qui s’enfoncent encore plus profondément dans votre chair qui transpire le sexe. Ils n’entendent pas vos plaintes étouffées dans la nuit, ne voient pas votre ombre dans l’angle de la pièce… Ca dira après que ça aime et que ça veut protéger… Et les bourreaux vous supplieront de leur donner votre pardon. « Il n’y a que Dieu qui le donne… »

 Moi je ne pardonne plus…

 Moi j’ouvre la fenêtre, et je saute…

 

[…] Je ne pensais pas que ma chute aurait été si longue…

 J’ai ouvert mes yeux quelques secondes avant de les refermer. Ce que je venais de voir, je n’en savais rien. Le paradis sans doute. Ou l’enfer. Bizarrement, je n’avais mal nul part. Je me suis étirée tel un félin avant de me redresser. Une pièce, aux murs d’un blanc éclatant entourait mon précieux corps virginal. Une fenêtre et une porte. Rien de plus. Un sentiment plaisant. Béatitude extrême. Cet enfer avait un délicat goût de paradis. 

Un grincement. Quelqu’un. Mon cœur se mit à battre à tout rompre. Un bonheur m’assailli. Voilà l’être le plus étincellent que je n’ai jamais vu. Deux magnifiques yeux aux couleurs chatoyantes. Des cheveux noirs attirant. Des mains qui se tendent vers moi. Des bras chaleureux qui s’ouvrent. Un sourire d’ange. Voici mon sauveur. Voici mon amour. Voici celle qui deviendra mon passé, mon présent et mon futur. Elle va représenter chaque seconde. Elle sera dans chaque soupir, sourires, larmes, jouissances. Elle sera ma vie.

Dans cette pièce, je ne voyais qu’elle. L’idée de regarder par la fenêtre ou d’ouvrir la porte ne me traversait jamais l’esprit. C’était inutile car j’avais l’essentiel. Je passais mes journées avec elle et mes nuits à l’attendre. Son odeur emplissait la pièce. Je pouvais goutter à ses bras autour de moi, sa main dans la mienne, ses lèvres sucrées… Tout cela faisait naître en mon bas ventre des millions de petits papillons de désirs.

J’en voulais plus sans jamais oser demander. Elle me promettait qu’un jour ça arriverait. Elle faisait des avances, dessinait notre futur. J’acceptais. Ce n’était pas par dépit, non, ça me convenait. Réellement.

Un soir, sans savoir pourquoi, les murs se sont doucement mis à grisonner. Le doute a commencé à envahir tout mon être mais je le repoussais. Un mot d’amour dans sa poche, un regard amoureux perdu dans le vague, des soupirs… Et moi, j’assistais à cela. Je regardais le déclin de notre couple. Je pleurais en silence en me disant que ce n’était pas grave. Je me mis bientôt à hurler que c’était plus que grave. Les murs devenaient presque noir et son sourire restait le même.

Elle ne voyait pas ma détresse que je tentais de cacher avec adresse. Je me pliais toujours sous ses désirs sans jamais dire non. Pourtant, quelqu’un a vu mon malaise. Ce n’était pas vraiment difficile, il fallait juste me regarder. Ma maigreur, mes yeux rouges, mon cœur presque éteint. Elle ne me voyait plus ou alors voyait une autre en moi. Je ne sais.

 Je commençai à faire des crises. Me mettre à hurler, taper sur les murs pour calmer ma peine qui grandissait au fil des jours sans jamais se tarir. Je passais mes journées roulé en boule dans un angle de la pièce, me balançant d’avant en arrière dans un état comatique.

Il me rendait visite. Etait la seule source de lumière. Tantôt il me faisait la morale, tantôt il me réconfortait. Des millions de voix se mirent à traverser les murs. « Quitte la ! » résonnaient dans ma tête et je les envoyais balader en hurlant que je ne voulais pas car sans elle je n’était rien. Elle m’avait retenue dans ma chute et il me semblait qu’elle m’avait remonté. Comblé toutes mes angoisses, répondus à tous mes doutes.

 Dans cette pièce devenue noire, je restais seule et comblait e silence par mes sanglots. Malgré cela, toujours à ses cotés, je ne cessais de dire que j’étais heureuse…

 

 […] Cela faisait bien plusieurs jours que je n’avais plus bougé. J’étais recroquevillée dans ce coin sombre. Je ne pleurais pas, je ne pensais à rien. Je pouvais déjà entrevoir une lumière passant par cette fenêtre sans ouverture qui allait réchauffer mon corps froid et inerte… Quand je l’ai aperçu, je me suis mise à genoux face à elle et j’ai attendu qu’elle grandisse… J’ai voulu tendre la main vers elle pour la sentir, mais il y a eu un grand fracas qui m’a fait sursauter. J’ai tourné la tête apeurée. La porte de ma boîte s’était ouverte. Je me suis levée d’un coup et je suis sorti en courant sans même réfléchir.

            J’ai couru sans savoir où j’allais, me laissant guider par des voix, des rires, et des ombres. Au final, je me suis retrouvée dans une impasse. Au lieu de faire demi-tour, j’ai hurlé des heures en tapant sur ce mur qui m’empêchait de continuer. Je pleurais en le suppliant de me laisser passer. Je me suis écroulée, les mains en sang et je me suis endormie…

            Pendant la nuit, le brouillard est tombé sur la ville. Je ne sais plus où je suis. Depuis mon réveil, j’entends des voix, des rires ou voit des ombres, je cours désespérément dans leur direction, mais je ne fais que me perdre encore plus. Je m’affaiblis de plus en plus. Parfois les larmes sont si fortes que je ne vois même plus mes pieds. Je tombe plusieurs fois sur le sol pavé et je m’écorche, mais je me relève toujours. Je me fais mal moi-même, le sang ne cesse de couler et je m’en fiche. Je m’écroule une dernière fois. Je ne cherche plus à avancer. Je me laisse mourir et dans mon agonie je repense à cette boite noire où j’ai tant pleuré. Je m’y sentais pourtant bien malgré la tristesse. Je me hais de l’avoir ainsi quitté sans réfléchir. Mais que puis-je faire maintenant ? Dans cette rue, tout est froid et humide.

            Tout à coup, j’entends des bruits de pas. Sa silhouette se dessine sur le brouillard. Ce n’est pas François, cette silhouette appartient au propriétaire de ma boite. Je ne parviens pas à voir son visage, je ne sais pas ce qu’il ressent. À pars murmurer des phrases inaudibles je ne peux rien faire d’autre. Je ne sais même pas quoi faire, je suis trop faible et je ne cesse de pleurer. Il doit me détester de l’avoir ainsi fui. J’ai douté de sa lumière et j’en doute encore…

            Il ne bouge pas. Sa silhouette reste dans une lumière étrange. Est-ce le même ? Attend-il que je me relève ? Veut-il me regarder mourir ? Me ramener dans ma boite ? Pourrais-je effacer les larmes qui ont coulées en silences sans même qu’il ne les remarque ? Pourrions-nous recommencer à zéro ? Mieux se comprendre pour moins se détruire ?         .

            Je suis dans un brouillard si épais, je suis tellement fatiguée et meurtrie que je ne sais même pas si je pourrais prendre sa main. Pourtant, malgré les coups portés j’essaye d’ouvrir mes bras pour qu’il y dépose son corps. Mais un coup de bâton s’abat sur mes membres déjà endoloris. Je n’ai plus mal, j’aime voir le sang couler de mon corps comme des larmes. Et a chaque fois que j’essayerai quelque chose vers lui, un coup de bâton tombera.

            Je prie pour que sa silhouette ne disparaisse pas.  Je veux revenir, mais je ne veux plus être recroquevillée dans le coin de cette boite sombre à me détruire à cause de lui. Mais sans lui, cette boîte n’existerait peut-être pas…

Ce soir, je veux que ce soit lui qui me tende la main pour me ramener et pas François. Je veux que son cœur se serre en me voyant ainsi. Je veux qu’il regrette comme moi je regrette. Je ne veux pas que sa silhouette ne soit qu’un rêve… Mais sera-t-elle m’attendre ? Cessera-t-elle de faire saigner mon cœur ? Me parlera-t-elle enfin de sa vie ? De ses larmes ?

 

Ne me dites pas que je dois dire adieu à mon rêve de n’avoir qu’elle,

A mon rêve d’être heureuse et d’espérer des choses d’elle,

A mon rêve de me réveiller et de la trouver à mes côtés,

 

Ne me dites pas que tout ce que j’ai vécu n’était qu’un rêve…

 

[…] Noir. Il fait noir. Est-ce la pièce? ou est-ce moi qui ne voit plus? Je ne sais.

Marcher. Encore et encore. Ne jamais rencontrer d'obstacle. Pourquoi?

Vide. Le lieu semble vide. Comme moi. Jusqu'à quand?

Silence. Le silence règne. Je n'entends même pas mes pas. Suis-je là?

Arret. Je ne sens pas la fatigue. Je ne suis pas éssouflée. Est-ce que je vis?

Par-terre. Je m'assois. J'attend le levé du soleil. Trouver une sortie?

Maigre. Je sens mes os. Je ne m'en inquiète pas. Mon corps est un objet?

Sang. Je me suis bléssé. Ma plaie saigne je la sens sur mon bras. Comment?

Froid. Il fait froid ici. Je tremble mais je n'ai pas peur. La mort?

Perdu. Je crois que c'est le bon mot. Je ne sais pas où je suis. Et vous?

Souvenirs. Je peux voir des souvenirs. Névrosée jusqu'au sang. Dans quel but?

Futur. J'ai peur de ce mot. Avancer à taton je en veux. Alors?

Seul. Je suis seule sans doute. Abandonné de tous. Il y a quelqu'un?

Larme. Une larme coule. Je ne pensais pas encore ressentir. Me suis-je trompé?

Sentiment. J'ai envie d'avoir mal pour me calmer. Ca me fait du bien. Depuis quand?

Tombe. Je sens que je tombe. Encore plus bas que précedement. Longue chute?

Arret. Je ne pensais pas aller plus bas encore. Rien n'a vraiment changer. Même questions?

Mort. Me laisser mourir est une bonne solution. Tomber encore une fois. Dans quel but?

Porte. Une porte s'ouvrira sans doute. Elle me mènera ailleur. Quand?

Espoir. Objet meurtrier de la conscience humaine. Je pense que j'en ai. Maudis?

Fataliste. Ne plus rien attendre des autres. Se bouger pour obtenir. Y arriver?

Questions. Toujours les mêmes dans la têtes. Des centaines de millions. Réponses?

NOWHERE! 

  

[…] Perdue comme jamais dans ma propre ville. Ne sachant plus rien, oubliant même mon propre nom et mon humanité. Errer dans les rues désertes. Tourner en rond encore et encore. Il ne sert à rien de croire que le soleil va se lever. Croire, espérer est inutile sauf à donner des rides et à pousser les gens au suicide. Une seule lame a parcouru mon corps, mais je me suis trouvée pathétique. J’ai laissé coulé le couteau dans la Tamise. Je suis peu à peu devenue fantôme. Ne croisant personne. On rampe tous le jour et on chiale toute la nuit. Ce monde n’est qu’égoïsme et perversion. Même le ciel me menace et me condamne. Rien. Je n’avais plus rien. Quant à la lune, je ne l’ai jamais autant détesté. Elle est bien trop instable. Mais si belle…  

Un matin, un cri. Je lève la tête. Un signe de vie. Enfin. Ma folie ne sera alors que de courte durée. Un autre cri. Encore. Les rues restent désertes. Un battement d’ailes. Un corbeau se pose sur un banc. Il cri, comme s’il m’appelait. Impossible, trop d’imagination. Il attend juste une chose : ma mort. Il attend d’amener mon âme en enfer ou au paradis. Et manger ensuite mes restes comme paye de son travail. Il reste cependant… un signe de vie. Il se pose à côté de moi, me mord la main et me fait saigner. Je le questionne du regard. Serait-il un novice ? Je ressemble vraiment à un mort alors ?!

Il s’envole. « Adieu… » Une minute passe. Puis deux. La rue reste telle qu’elle est. Le ciel est toujours aussi noir. Et moi. Moi je commence à en avoir marre. Envie de peindre tous ces murs en blanc, envie de me lever, marcher, courir. Revêtir mes grandes robes. Danser toute la nuit avec comme seule lumière la lune. Envie de tout ce que je faisais avant, les choses négatives en moins. Ces choses qui m’ont peu à peu empoisonné, meurtries. Si le destin me fait un signe, je me lève et je change tout.

Des battements d’ailes. Le corbeau revient. C’est mon signe. Je me lève d’un bond. Je le suis. « Attends ! » Je suis trop faible et mes membres trop endoloris. Je surpasse la douleur. En plus, il revient toujours. Se pose, cri et attend. Les hommes ne peuvent vivrent sans la compagnie de quelqu’un. Je l’ai trouvé, mon autre moi.

Au détour d’une rue inconnue. Une maison immense se dessine sur le fond de ciel noir. Ce n’est pas Buckingham palace mais c’est pas mal. Ma nouvelle demeure. Un endroit clos, loin du monde. Un jardin à perte de vue, des pièces tels un labyrinthe. Et un corbeau.

Dans ma chambre, il me rend visite. Il ne m’appartient pas, il est libre. Il est l’humain qui ne me rendra pas folle.

Il est Kaikan.

[...] Il est difficile pour un cadavre de se lever et de marcher sans tomber. Il lui faut redécouvrir la vie petit à petit, comme un nouveau née dans ce coin pourri de Londres. Je n'ai jamais eu aussi de volonté et d'optimisme dans ma propre vie, aussi courte qu'elle fut. Car oui, il en faut du courage pour se lever tous les matins et traîner son corps à travers les vastes pièces de la maison. Je dois avouer qu'il y a de jours où je voudrais rester au lit. Trop fatiguée, trop mal, trop réaliste. Mais au final, je finis toujours debout sur mes membres meurtris et retrouve la couleur de la vie. Kaikan veille à garder toujours allumé ces bougies d'optimisme et de volonté. Je ne l'en blâme pas. Jamais.

Petit à petit, j'ai compris que l'avenir était tel que nous le dessinions. Si nous désirons que le soleil entre dans notre pièce, il faut faire en sorte que les volets et les rideaux soient ouverts. Sinon, on peut toujours attendre un miracle. Dieu est trop occupé pour l'accomplir, et vous trop bête. Il a existé des jours où j'ai été heureuse de voir le soleil se lever sur ma grande propriété. Je suis même allé exposer mes membres livides à la divine chaleur de cet astre rouge. Je ne suis pas restée longtemps, j'ai toute une vie à rattraper et à reconstruire. Le temps court toujours aussi vite qu'avant.

La solitude était ma vie. Elle était inscrite dans chaque fibre de ma peau et chaque recoin de la maison. C'était toujours mes échos qui répondaient à mes questions. Mon reflet dans les miroirs étaient les seuls visages humains que je voyais. je ne cessais de me répéter que ce n'était pas plus mal, sans jamais y croire vraiment. Le sentiment de solitude me courrait après comme la mort court aprés un malade en phase terminale. Il exista de nombreuses nuits où, je regardais par la fenêtre avec ma bougie en esperant voir une ombre un tant soit peu humaine.

Il n'y en a pas eu qu'une seule qui apparut dans mon champ de vision.

Le plus malheureux c'est qu'elles avaient toujours étées là.

Je n'avais jamais fait attention...

[…] Les rayons du soleil qui filtraient à travers les lourds rideaux de velours me reveillèrent. Je regardais au dehors ce soleil éclatant qui me brula les yeux. Le soleil se reflettait sur ma peau trop blanche à son gout. Je sortis sur le balcon en robe de nuit. Le jardin était en friche, emplis de ronces et d'orties. Il fallait modifier tout cela. J'enfilais des vetements épais jugeant que ma peau avait bien trop d cicatrices pour en rajouter. Je m'armais d'un secateur et d'une faucille. Avec l'aide précieuse de Kaikan, nous avançions dans ce vaste terrain. Il nous fallut plusieurs jours pour dégager les abords du chateau. Nous profitions du soleil pour continuer encore et encore. Ce fut un travail long et laborieux qui s'emplifiait de jour en jour à mesure que nous avancions. Nous étions occupés à défraichir la grande foret adjacente au chateau lorsque Kaikan et moi tombèrent sur une clairière vierge. Il y avait là des fleurs et l'herbe était coupée à basse hauteur.

Au centre de cet étrange endroit tronait une maison de la taille d'une poupée. Kaikan se posa sur mon épaule comme un soutient. Je m'avançais doucement, sans faire de bruit lorsque la toute petite porte s'ouvrit d'un coup. Une fée en sortit toute de rouge vétue. Elle tirait avec peine une fraise bien trop grosse pour elle. Elle tenta de s'envoler avec ses ailes presque transparentes. Elle me regrarda de ses yeux marrons et me lança: "Tu peux pas m'aider non?" Je fus surprise mais m'executais. Je n'étais donc pas seule ici, la vie était possible. Elle vola à hauteur de mes yeux, me regardant en reflechissant. Puis elle tapa son poing dans sa main en disant "Mais bien sur! Tu es la jeune fille qui était dans la boîte noire!

-"Tu me connais? lui dis-je profondement surprise.

-"Oui, je venais souvent te voir. Je tapais à la vitre mais tu ne semblais pas m'entendre! Du coup j'en ai eu marre!"

Je l'invitais alors au chateau pour qu'elle me conte son histoire. Elle portait le doux nom d'Ichigo. C'était la fée de l'été. Elle passait son temps à sourire et à me donner des ordres. Elle m'affubla du surnom de "maitresse noire" qui m'amusait interieurement. Sa présence était reconfortante. Je me sentais comme aidée, portée par ses ailes délicates. Il me sembla même que les couleurs du chateau reprirent leur éclat ancien. A moins que ce ne soit une illusion. Par pitié, si c'est un rêve, je souhaite ne jamais me reveiller...

[…] C'était la journée des gateaux dans le calendrier féerique d'Ichigo. Elle était venue avec la ferme intention de me changer les idées. J'étais bien trop lugubre, surtout à coté de ses habits fluos. Nous étions en train d'incorporer le chocolat à la pâte lorsqu'un bruit sourd retentit. Ichigo me regarda inquiète. Ce n'était pas Kaikan, il était allé faire un tour en ville. Des bruits de pas résonnèrent. Kaikan n'a pas de pieds et il ne fait pas autant de bruit. Ichigo se changa en fée et se posa sur mes épaules. Je pris le plus gros couteau de la cuisine et m'avança dans le couloir sombre. La porte de la cave était ouverte. Bizarre, je n'étais jamais arrivé à l'ouvrir... Serais-ce un cambrioleur idiot qui serait passé par la cave au lieu de passer par la porte d'entrée? Ichigo poussa un cris. "Là... là... une... ombre..." dit-elle de sa petite voix fluette. Je ne voyais rien. Elle avait du rêver. "Pourquoi ton chatau est-il aussi sombre?!" pesta t-elle morte de peur. Je continuais d'avancer, regardant dans toutes les pièces sans trouver trace de l'idiot. Un courant d'air derrière moi, le hurlement strident d'Ichigo. je me retournais, vit dans la pénombre les yeux blancs de l'homme immense. "C'est... un... un..." dit Ichigo tremblante sans trouver les bons mots.

-"Vampire!" répondis-je froidement. Il sourit, montrant ses canines affutés. Il toussa à cause de la poussière donnant à la scène un aspect pathétique. Il reprit ses esprits et s'avança vers nous. Je reculais de deux pas. Regarda à l'interieur de la salle où je prends le thé et continua à reculer. Je m'arretais. Il eut un air surpris. Ichigo me supplia de continuer de reculer. Le vampire continua. Hurla. Disparu derrière la porte de la cave. C'est alors qu'Ichigo remarqua que le soleil passait par la porte. "Quel idiot!" dis-je avant de repartir faire le gateau.

Je prepara du thé, coupa le gateau. J'en déposa trois parts sur des assiettes. "Trois?" remarqua Ichigo. Je partis frapper contre la porte de la cave. "C'est la journée des gateaux, sors de là!" dis-je. Il ne se fit pas attendre bien longtemps. Il était massif à coté de la petite Ichigo. "Tu nous attaques et tu meurs." lui dis-je en montrant le kanata à coté de ma chaise. Il déglutit et acquiessa. Il mangea sans rien dire. "Tu es là depuis quand? lui demandais-je.

-"Pas longtemps... Je t'ai vu un jour alors je t'ai suivit. Je me suis mis dans ta cave parce que j'étais affaiblis à cause du soleil. " La lame du Katana glissa sur sa gorge sans la tailler.

-"Que ce soit clair. Tu t'approches trop près et c'est bonjours les enfers. Ici on ne parle pas de "sentiments", ici on ne parle pas de sa vie. C'est clair!?

-"Oui oui. répondit-il choqué.

-"Ton nom!

-"Versinke! 

-"Je te laisses vivre dans ma cave, tu ne m'importunes pas. Tu es chez moi, c'est moi la maitresse des lieux. Quand je dis disparait, tu t'en vas. C'est moi qui dicte les règles du jeux, pas toi!" 

[…] La cohabitation fut lente et douloureuse, surtout pour lui. Versinke n'en faisait qu'à sa tête. Sa politique était de dire "merde" quand quelque chose ne lui plaisait pas. Il faisait irruption dans mon intimité sans y être invité. Il ne respectait pas les règles, me parlais de sentiments jusqu'au jours où sa langue avait failli finir sur le sol. "Dites moi belle princesse, vous avez de bien longues canines. Feriez vous partie de mon clan?" me demanda t-il un jour. Malgrè tout, il était gentleman. "Je ne peux te répondre, ici, nul ne sait d'où il vient!" lui répondis-je avant d'aller me promener seule dans le jardin.

Je n'avais pas pris mon ombrelle et le soleil tapait fort. je m'arretais à l'ombre d'un grand chêne. Le bruit d'un cheval au loin attira mon attention. Ne pouvais-je donc pas être tranquille? Un chevalier aux cheveux noirs et aux yeux bleus descendit de sa scelle. Il se pencha en avant, prit ma main, la baisa et me dit: "Milady, voilà déjà plusieurs jours que j'ai été éblouis par votre beautée. Je me prénome Perceval." Je l'invitais à s'asseoir à coté de moi. Nous discutèrent de longues heures jusqu'à ce que le soleil déclina. Il me raccompagna, me promit de revenir demain et disparut sur son cheval. Je rentrais lorsque Versinke me sauta presque dessus. "Méfis-toi de lui! Je le connais, il te plantera un couteau dans le coeur à la première occasion!" me dit-il inquiète. Je le regardais. "Que c'est mignon, tu t'inquiètes pour moi!" lui répondis-je seulement. Je partis me coucher directement. Dans la nuit, je fus reveillé par un bruit étrange. Versinke se trouvait dans ma chambre, me regardant avec des yeux surpris. "Que fais..." commençais-je lorsqu'il me coupa. "Tu n'as... pas de... coeur!" dit-il. "Si. répondis-je.

-"Non, tu n'as pas de poul!

-"Versinke, c'est la nuit, j'aimerais bien dormir. Nous en parlerons demain. Sur ce, quittes ma chambre et cesses de dire des choses stupides." J'attendis qu'il quitte ma chambre pour me coucher. Le sommeil avait quitté mon être. Je mis ma robe de chambre et descendit dans la cuisine, boire un chocolat chaud. Versinke me regarda surpris. Je lui tendis une tasse. "Il est dans une chambre." dis-je en buvant.

-"Tu me rappelles quelqu'un..." avoua t-il.

-"Vraiment?" répondis-je faussement interessé.

-"Oui, c'était une fille que j'ai aimé il y a bien longtemps...

-"Cela explique donc ta présence ici...

-"Je l'ai trahi..." J'avais envie de lui répondre que je n'étais pas une psy pourtant je le laissais parler. "Je lui ai menti et elle s'est petit à petit séparé de moi. Elle n'aimait pas ce que je devenais.

-"Elle n'était pas faite pour toi." répondis-je catégoriquement. Il me regarda sans comprendre. "Elle aurait dû continuer à t'aimer même si tu te transformait en être sombre..."

-"Cela sent le vécu... Est ce ton coeur que je viens d'entendre se briser?

-"Bonne nuit!" répondis je en me levant pour retourner dans ma chambre. Ainsi donc n'étais-je pas la seule à me battre pour respirer l'air pollué de la vie?

Perceval arriva avec les premiers rayons du soleil. Il ne cessait de me regarder en souriant alors que Versinke lui jetait des regards noir. "Vous avez des yeux magnifiques..." me disait Perceval. "Vous êtes si belle, si délicate..." Versinke s'enervait, partait, frappait contre les murs. L'un me faisait des courbettes et l'autre s'inquiétait. Je n'étais pas idiote. Je ne lui disais rien. Versinke s'inquiétait pour moi. C'était étrange. "Je sais ce que vous désirez" me disait Perceval. Il me racontait ainsi ce que je voulais au fond de moi sans oser le demander. "Il vous plait... je le vois bien..." me dit Versinke un soir avant de partir. Je ne le retint pas. S'il était trop idiot, ce n'était pas de ma faute.

Perceval m'invita à un pique nique. Il me demanda alors de but en blanc "Voulez vous devenir mon épouse?" Je m'éttoufa avec un petit four. "Plait-il? lui répondis-je.

-"Vous êtes vraiment belle, je souhaiterais pouvoir vivre à vos cotés!" Je restais totalement abrutis. Je retira ma main de la sienne et me leva. Il me rattrapa. "Monsieur, je trouve cela dégradant de vouloir ainsi être à mes cotés. Je ne penses pas que vos sentiments ou que vos paroles sont pures. Je ne peux et ne voudrais jamais acceder à votre requette. J'ai déjà été fiancé et je ne commétrais jamais cette erreur une nouvelle fois! Sur ce, merci de disparaitre de ma vue!" Lui dis-je avant de partir en direction du chateau, le laissant seul. Mais il me suivit. Je ne le reconnaissais pas des ses yeux bleux. Il semblait animé desormais d'une lueur démoniaque. Je ne lui laissa pas le temps d'ouvrir la bouche. Le vent se leva d'un coup, le tonnerre retentit. Il prit peur, me supplia d'arreter cela. Une seconde après, il prit feu et disparut. Le calme revint sur Londres. Versinke arriva en courant. "Ca va? Vous êtes toute décoiffé!" me dit-il inquiet.

-"Oui, c'est finis...

-"je vous l'avez dit!" Dit il en éclatant de rire. Je rentra au chateau sans lui adresser un regard. Voilà ce qui arrivait à ceux qui me prenaient pour une simple petite poupée trop mignonne pour être enfermée. Dans mon bain, je carressais Kaikan, endormis. Le calme était revenue. Versinke allait lui aussi devoir se tenir à carreau. Mes pouvoirs m'avaient épuisés. Je dormis comme un bébé. 

 

[…] Le calme était revenu sur les tourelles de mon chateau. Je lisais dans l'herbe lorsqu'une ombre me cacha du soleil. Je levais les yeux, François.

 

[…] fantômes

 

[…] la fille oiseau

 

[…] la magicienne des mots Zauberin

 

[…] famille

[...] Des coups discrets tapés à la porte d'entrée qui me sort de mon livre. Je m'avance et tire la lourde porte sur un Indien. Je le regarde sceptique. Il s'excuse d'avoir fait trop de bruit. Je fais non de la tête et me pousse pour laissé entrer cet inconnue. Il pénètre dans la maison en faisant attention de ne pas laisser de trace. Je le conduis sans rien dire dans la salle de thé. Il prend place gentiment en faisant attention de ne pas froisser le tissus. Je lui sert une tasse de thé et prend place face à lui. Je ne sais pas qui il est, mais je l'accepte ici. Il dégage une grande sagesse qui pourrait me faire passer de longues après-midi sans ennui. Il regarde la tasse en souriant.

"Ce n'est rien si vous cassez ou salissez des choses..." dis-je. Il semble passioné par mes paroles. Il me demande de parler encore. Je m'execute. Lui donne certaines de mes longues philosophie, il en dégage une profonde maturitée. Je suis surprise. Il parle à son tour. Me parle de la nature comme d'un être à part entière. Il est son grand defensseur et je me propose de l'accompagner dans sa lutte. Il me remercie en souriant comme si je lui avait rendu la vie.

Il ose affirmer que de profond sentiments se dégagent de mes idées. Des sentiments? qu'est-ce que cela? Il me semble avoir déjà entendu ce mot... Oui, peut-être ne m'en suis-je pas rendu compte avant. Il m'apprend des choses sur le monde et aussi sur moi même. Il devient une sorte de precepteur.

Il a planté sa tante dans un recoin du parc et est toujours aussi discret quand il pénètre dans le chateau comme s'il avait peur de reveiller les vieilles briques endormis depuis des siècles...

[...] J'ouvrais les yeux, vis François à la fenêtre. Il se retourna, me regarda, sourit. "Princesse, voici votre royaume!" dit-il, alors qu'il tirait les rideaux. Une lumière vive m'aveugla. Je quittais les couvertures chaudes de mon lit pour aller à ses cotés. Je restais fascinée face au paysage qui s'étandait sous mes yeux. Il avait neigé toute la nuit, chaque centimètre était blanc. Magnifique. Personne encore n'avait fair de trace, la terre semblait immaculée. Vierge, comme une île que l'on vient juste de découvrir. La pourriture de l'homme n'avait pas encore commencé à recouvrir ce vaste espace.

Je m'habillais en vitesse. Jupe longue, corset, gros pull, longues chaussettes. Je descendis les marches en courant, attrapa mon manteau au passage et l'enfilais dans l'entrée. J'ouvris la grande porte d'entrée et avança dans la neige, les yeux éblouis par la reverberation. Le froid emplis mes poumons. Un sentiment de calme envahit mon être. Je vis Kaikan voler au dessus de moi. Il était la seule tâche noire de ce monde. Il se posa sur mon épaule et je le carressais avec mes doigts glacés.

"Allons nous promener!" lui dis-je. François descendit les marches du perron et me tendis une écharpe et des gants. "Où sont les autres?" demandais-je. Il me répondit qu'ils étaient tous frileux. Il fit un léger sourire et tourna les talons. Il rentra dans le chateau et referma la lourde porte. Alors donc vampire, fée, indien n'aimaient pas le froid... J'étais seule avec Kaikan. Les rues de Londres avaient un aspect différent. La tamise était presque gelée. Malgrès toute cette beautée, il n'y avait personne pour l'admirer. C'était triste. 

A mon grand étonnement, je croisais quelqu'un d'encore inconnue à mes yeux. Je ne sais s'il avait posé son regard sur moi ne serais-ce qu'une seconde. Moi, j'avais eut tout le loisir d'admirer ses longs cheveux noirs qui tombaient en cascade sur son visage blanc, sa taille fine et ses yeux noirs. Il devait avoir froid, il marchait si vite... je detournais le regard comme si je me brulais les yeux. Je priais Kaikan en silence de le suivre tandis que je continuais ma marche. Il s'envola à sa poursuite, je restais seule. Son visage ne quittait pas mes yeux.

Je rentrais au chateau, les joues rouges. François me tendis un plaid et une tasse de chocolat chaud. Je le remerciais d'un hochement de tête. Mais ne pris pas la peine de lui dire que je ne voulais pas de domestique. Mes pensées étaient prises. Je pris place dans un siège de la veranda. Je sirotais la boisson chaude qui me brulait les mains. Ce n'étais plus le paysage que je regardais, je me remémorais son visage. Kaikan revint. je l'acceuillis avec la plus grande impatience. Il me conduisit en haut d'une des tours. Je regardais dehors et apperçut un chateau non loin de là. de la fumée sortait de la cheminée. il était donc habité... Je m'armais d'une longue vue poussiéreuse qui trainait par là. Je regardais à travers elle comme un voyeux à travers le trou d'une serrure. Je cherchais ne serait-ce qu'une ombre. Je le vis, à la fenêtre. Ainsi, nous étions voisins...

Il portait le doux nom de Gwenvael qui signifiait en celte: prince blanc...

[...]

Il a disparut ce matin, je n'ai même pas pleurée...

Il y a eut du brouillard, pendant plusieurs jours, je ne pouvais pas regarder le chateau de ce prince... Je me suis occupée ailleurs. Entre le piano et une toile de peinture, le temps est passé sans que je ne m'en apperçoive. Puis un matin, c'est le soleil qui m'a réveillé. J'aurais sans doute pût courir jusque dans la tour pour regarder, le voir. Mais je ne l'ai pas fait. J'ai flannée un peu au lit puis j'ai je suis descendue à pied nu sur le sol en marbre glacé. J'ai pris mon petit déjeuner en lisant un livre que j'avais laissé trainer. J'ai fait ma toilette en silence. J'ai enfin monté les marches une par une, calmement. C'est comme si je savais déjà. Il n'était plus là. Ni le Prince, ni le chateau. J'ai entendu au loin mon coeur se serrer. Je ne me suis posée aucune question. Je suis redescendu calmement. Mon coeur semblait souffrir. Je suis passé devant sa chambre en faisant la sourde. J'ai repris mes affaires, sans rien changer de mon attitude. Il fallait bien qu'il disparaisse un jour...

Je l'ai perdu... et alors?

[...]

Des miaulements se sont fait entendre ce matin alors que je dormais encore... Je me suis levée et je suis sortis sur le balcon. L'air froid glissait sur mes membres. Il était tôt, le soleil venait à peine de se lever. Je n'ai pas vue de pelage dans l'herbe. Je ne rêvais pas. Je suis descendue, pieds nus, et j'ai ouvert la porte d'entrée. Il se tenait là, tout petit, assis, tranquillement. Il me tournait le dos et regardait le ciel. J'ai levée les yeux mais je n'ai rien vue. Pas de nuages, ni d'oiseaux. Je me suis baissé et ai appelé "minou!". C'est là qu'il a tourné sa tête vers moi. Il avait des yeux de loups, vairon. L'un bleu l'autre marron. Au loin, j'ai entendu un battement de coeur. Le chat a penché sa tête sur le coté. J'ai baissé les yeux. Il s'est approché de moi, doucement. Il n'était pas craintif. Il a glissé sa petite tête noire dans le creux de ma main. Elle était chaude. Je l'ai invité à rentrer dans la maison sous l'oeil réprobateur de Kaikan. Il s'est envolé quand j'ai levée la tête vers lui. J'ai fermé la porte. J'ai marché jusquà la cuisine, le chaton sur les talons. Il monta directement sur la table en bois. Je pris une bouteille de lait sur une étagère, l'ouvrit et en versa un peu dans un bol. Je le posa sur la table. Le chaton lappa le liquide blanc en faisant un drôle de petit bruit. Je me pencha en avant pour le regarder. Il était si petit et si mignon. Les battements revinrent sonner dans mes oreilles. "Tais-toi..." murmurais-je agacé. Le chaton s'arreta de boire. Il me regarda. "Que tes yeux sont étranges... on dirait ceux d'un loup..." lui ai-je murmuré. Il cligna des yeux, sans bouger. "A quoi penses-tu?" J'imaginais peut-être une réponse. C'était stupide. Le chaton baissa les yeux. "Il ne veut pas te faire peur..." a dit une voix masculine. Je ne l'avais jamais entendue. Je regardais autours de moi, ne vit personne. Un battement d'ailes attira mon attention. "Kaikan? C'est toi qui parles?

-"Oui." Sa voix résonnait comme un écho. Une voix d'air, pas sortit directement de la bouche de quelqu'un.

-"Depuis quand parles-tu?

-"Depuis toujours..." Je l'ai regardé, pas vraiment étonnée. Les battements revinrent. Je fermais les yeux.

-"Pourquoi aurais-je peur?

-"Parce que vous ne le connaissez pas.

-"C'est idiot...

-"Pas vraiment.

-"Qu'est ce que tu veux dire par là? Parles." Kaikan resta silencieux. Il regarda en l'air. Je regardais de nouveau ce petit chaton. "Tu es un petit chat. Je ne sais pas pourquoi tu as atteris chez moi mais tu es ici maintenant." Lui dis-je. Le prit dans mes bras et l'amena dans la veranda tout en le carressant. Il ronronna. Je pris place sur l'un des fauteuils et le posa sur mes genoux. Il s'endormit sous mes carresses.

-"Vous ne devriez pas... ajouta enfin Kaikan.

-"Pas de risque Kaikan. Ne t'inquiètes pas pour moi...

-"Vous ne savez pas qui il est...

-"Peu m'importe... Je ne connais personne en ce bas monde. Tu le sais bien.

-"Vous l'entendez battre tout comme moi...

-"Il n'y a aucun risque, il est bien enfermé..." Kaikan s'envola sans doute enervé. Je n'avais pas peur. Je ne m'inquiétais pas. Je ne pouvais. Je ne ressentais rien, jamais. Cela n'allait pas changer. Pas de nouveau... 

Ookami s'était habitué maintenant à rester dans le chateau humide et froid. Il se plaisait à se mettre sur mes genoux et à me lécher la joue. Les quelques premiers jours, l'idiot dans sa boite ne cessait de battre. On ne l'entendait plus aujourd'hui. Kaikan s'était lui aussi calmé dans la même foulée. Il regardait toujours le pauvre petit chaton avec des yeux noirs. Je ne faisais pas attention à ses crises de jalousie. Je continuais ma petite vie. Jouais du piano, me promenais dans le jardin, lisait des livres. Ookami ne me laissait jamais seule. Il était toujours là à me regarder de ses yeux de loups comme attendant quelque chose. Quelque chose me dérangeait. Je ne savais quoi. Il me servait de bouillote et j'avais toujours peur de le glacer. Kaikan disparaissait de plus en plus. J'avais été obligée de parcourir tout Londres pour le retrouver. Il regardait la tamise à cet endroit où il m'avait trouvé.

-"Pourquoi me fuis-tu mon cher Kaikan?" lui demandais-je en carressant sa tête délicatement.

-"Vous avez un compagnon, ma place n'est plus ici." me répondit-il gravement.

-"Que dis-tu? J'ai besoin de toi... j'ai besoin de vous tous..." Je sentis son regard sur moi tandis que je tournais la tête pour regarder l'eau claire. "Est-ce là...de la...

-"Tristesse.

-"Que ressent-on?

-"Un vide. C'est comme un trou qui se crée au niveau du ventre et qui serre la gorge.

-"Tristesse..." répétais-je pensive.Le silence s'installa. Au bout d'une dizaine de minutes, je dis enfin que je rentrais. Je fis quelques pas, me retourna. "Tu viens?" On se regarda. Il ferma les yeux. Ne répondit rien, ne bougea pas.

Je hurlais. Du sang traversa ma robe au niveau de l'épaule droite. Kaikan vola jusqu'à moi. Je le regardais surprise.

-"ça va? " me demanda t-il inquiet et coupable.

-"Oui..." lui dis-je en regardant ma robe, foutue.

-"Je suis votre serviteur et j'ai manqué à mon devoirs... rentrons." me dit-il. Je me pencha en avant et il monta sur ma main. Sur le perron, Ookami semblait m'attendre. Je passais devant lui sans lui accorder un seul regard. Je montais directement jusque dans la salle de bain. Ookami me suivit. Je posais Kaikan sur son perchoir. Ookami semblait inquiet, allant et venant sous mes jambes. Je commençais à défaire mon corset lorsque Kaikan me dit:

"Vous n'allez pas le laissé rester ici!

-"Si, pourquoi? Ce n'est qu'un petit chat.

-"Je ne pense pas.

-"Que veux-tu dire par là?

-"Chat et corbeau n'ont jamais fait bon ménage.

-"Tu peux sortir si tu veux." Un silence de plomb tomba d'un coup. "Ookami. Sort!" lui dis-je en lui montrant la porte du doigts. Il sortit. Je fermais la porte. Me déshabilla tandis que de l'eau coulait dans la baignoire, la remplissant. Kaikan me regardait sans vaciller une seconde du regard.

Je me glissais dans mon bain.

-"Vous n'avez pas mal?" me demanda Kaikan.

-"Non... qu'est-ce que la souffrance?" repondis-je en fermant les yeux. "Pourquoi es-tu si jaloux?

-"Je ne le suis pas.

-"Alors pourquoi le detestes-tu?

-"Je ne le déteste pas. Vous vous trompez sur mes intentions.

-"Alors?

-"Je ne lui fais pas confiance.

-"Mais tu ne veux pas me dire pourquoi?

-"Non je ne veux. Et puis c'est dégradant de laissé votre corps aux yeux des autres.

-"Est-il si laid?

-"Non. Il est même... magnifique." Je regardais Kaikan. Tendis mon bras vers lui pour le carresser.

-"Serais-tu un homme Kaikan?

-"Non..." Me répondit-il. Je me replonga dans l'eau chaude.

-"Je te dois tellement de choses. Je ne t'appartiens pas, c'est moi qui t'ai. Tu auras toujours une place ici. Comme tous les autres. Mais si toi, Ookami, ou les autres tentaient ne serais-ce que me quitter. Je le tuerais de mes propres mains..."

-"Je suis celui qui vous a sauvé de la mort, qui ait écouté vos paroles délicates chaques soirées. Pourtant jamais désir n'a été de vous abandonner.

Je me leva, pris une serviette noire et m'enveloppa dedans.

"C'est vrai que tu es le seul à avoir vu toutes les cicatrices de mon corps..."

[...] Kaikan avait une attitude bizarre. Il semblait savoir quelque chose mais ne voulait rien me dire. Je n'arrivais pas à le faire parler. Il demeurait muet comme n'importe quel corbeau. Du coup, moi aussi je me posais des questions face à ce petit chat. Je jouais avec lui, le carressais. Rien ne changea vraiment. Au fil des jours, j'eû la sensation qu'il se rapprochait de plus en plus de moi. Je n'étais jamais seule désormais. Je n'avais plus ce goût de solitude. Pourtant je ressentais quelque chose que je n'avais jamais ressentis... Je ne pouvais dire ce que c'était. Il y avait des fois où, regardant dehors, je devenais vide. Je ne bougeais plus. Ne clignais même pas des yeux. Et pourtant je pensais. "Cela fait longtemps que je ne me suis pas perdue dans la foret. C'était si calme avec le vent qui s'engouffrait dans les feuilles. L'odeur de mousse, l'herbe sous mes pieds..."

Quelqu'un sonna. C'était François. Il sourit en me voyant. J'en esquissa un léger et le laissa entrer. Il remarqua tout de suite le chat. "C'est Ookami." lui dis-je avant qu'il ne pose de questions. Il se contenta d'hocher la tête sur le coté. Je l'invita à prendre le thé.

-"Il te suit partout?" me demanda t-il en s'appuyant contre la table.

-"Quasiment." lui répondis-je en mettant l'eau à chauffer.

-"Cela ne te déranges pas?

-"Pour l'instant non. Pourquoi?" je me retournais pour le regarder.

-"Comme ça... Tu lui a expliqué les règles?" il sourit. "Question stupide, bien sûr que tu l'as fait. Personne ne peut rentrer ici sans se faire assaillir de toutes tes lois.

-"Non je n'ai rien dit. Ce n'est qu'un chat." Il me regarda surpris.

-"Et alors?

-"Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi..." lui dis-je en prenant la bouilloire. Dans la salle de thé, je versais le liquide chaud dans les tasses. Sous le regard perplexe de François.

-"Moi aussi? Versinke fait la tête?

-"Non pas lui.

-"Ichigo?

-"Kaikan.

-"Oh." Il s'assit.

-"Tu n'as pas l'air surpris.

-"Je ne le suis pas." Il but une gorgée sans quitter le chat du regard. "Il a des yeux étranges... On dirait un loup..." Ookami dût comprendre que l'on parlait de lui car il leva la tête pour regarder François. "Il a l'air..." Il se tut. Tourna son regard vers moi. Il baissa les yeux. Je ne dis rien. Il continua à jeter des regards furtif à Ookami. Que voyait-il? A peine eut-il finis de boire qu'il se leva pour partir. J'ordonais à Ookami de rester là tandis que je courrais après François.

-"Que t'arrive-t-il? lui demandais-je en attrapant son bras.

-"Tu as tué Versinke pour moins que ça. Dans son regard, j'ai pu lire tellement de choses. Il... Tu as l'air d'être si..." Il semblait se perdre dans ses mots. "Qu'es tu devenus?" lacha t-il enfin.

-"Je n'ai pas changé." lui répondis-je calmement en lachant son bras.

-"Le jour où tu le mettras à la porte, il ne faudra pas venir pleurer. Si tu ne mets pas tout de suite les choses au clair, tu vas vite te noyer. Maintenant, je pense que Kaikan et moi ne voulons pas que cela se reproduise encore. Je préfère partir.

-"Se reproduise? Mais quoi à la fin?

-"Ton accident! Princesse des neiges..."Il rigola. "ne me fais pas rire." Sur ces mots, il partit. Quelques minutes après, le ciel se couvrit et le de la pluie se mit à tomber. Je restais abrutis sur le seuil de la porte. Je ne pouvais plus dire maintenant si ce qui coulait dans mon dos était de l'eau ou du sang. Ookami vint se frotter contre mes jambes. Pour la première fois, je le regardais d'une manière différente.

-"Le vent tourne..." dit Kaikan depuis l'escalier.

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