07/05/2009

Scars...

[...] Ookami s'était habitué maintenant à rester dans le chateau humide et froid. Il se plaisait à se mettre sur mes genoux et à me lécher la joue. Les quelques premiers jours, l'idiot dans sa boite ne cessait de battre. On ne l'entendait plus aujourd'hui. Kaikan s'était lui aussi calmé dans la même foulée. Il regardait toujours le pauvre petit chaton avec des yeux noirs. Je ne faisais pas attention à ses crises de jalousie. Je continuais ma petite vie. Jouais du piano, me promenais dans le jardin, lisait des livres. Ookami ne me laissait jamais seule. Il était toujours là à me regarder de ses yeux de loups comme attendant quelque chose. Quelque chose me dérangeait. Je ne savais quoi. Il me servait de bouillote et j'avais toujours peur de le glacer. Kaikan disparaissait de plus en plus. J'avais été obligée de parcourir tout Londres pour le retrouver. Il regardait la tamise à cet endroit où il m'avait trouvé.

-"Pourquoi me fuis-tu mon cher Kaikan?" lui demandais-je en carressant sa tête délicatement.

-"Vous avez un compagnon, ma place n'est plus ici." me répondit-il gravement.

-"Que dis-tu? J'ai besoin de toi... j'ai besoin de vous tous..." Je sentis son regard sur moi tandis que je tournais la tête pour regarder l'eau claire. "Est-ce là...de la...

-"Tristesse.

-"Que ressent-on?

-"Un vide. C'est comme un trou qui se crée au niveau du ventre et qui serre la gorge.

-"Tristesse..." répétais-je pensive.Le silence s'installa. Au bout d'une dizaine de minutes, je dis enfin que je rentrais. Je fis quelques pas, me retourna. "Tu viens?" On se regarda. Il ferma les yeux. Ne répondit rien, ne bougea pas.

Je hurlais. Du sang traversa ma robe au niveau de l'épaule droite. Kaikan vola jusqu'à moi. Je le regardais surprise.

-"ça va? " me demanda t-il inquiet et coupable.

-"Oui..." lui dis-je en regardant ma robe, foutue.

-"Je suis votre serviteur et j'ai manqué à mon devoirs... rentrons." me dit-il. Je me pencha en avant et il monta sur ma main. Sur le perron, Ookami semblait m'attendre. Je passais devant lui sans lui accorder un seul regard. Je montais directement jusque dans la salle de bain. Ookami me suivit. Je posais Kaikan sur son perchoir. Ookami semblait inquiet, allant et venant sous mes jambes. Je commençais à défaire mon corset lorsque Kaikan me dit:

"Vous n'allez pas le laissé rester ici!

-"Si, pourquoi? Ce n'est qu'un petit chat.

-"Je ne pense pas.

-"Que veux-tu dire par là?

-"Chat et corbeau n'ont jamais fait bon ménage.

-"Tu peux sortir si tu veux." Un silence de plomb tomba d'un coup. "Ookami. Sort!" lui dis-je en lui montrant la porte du doigts. Il sortit. Je fermais la porte. Me déshabilla tandis que de l'eau coulait dans la baignoire, la remplissant. Kaikan me regardait sans vaciller une seconde du regard.

Je me glissais dans mon bain.

-"Vous n'avez pas mal?" me demanda Kaikan.

-"Non... qu'est-ce que la souffrance?" repondis-je en fermant les yeux. "Pourquoi es-tu si jaloux?

-"Je ne le suis pas.

-"Alors pourquoi le detestes-tu?

-"Je ne le déteste pas. Vous vous trompez sur mes intentions.

-"Alors?

-"Je ne lui fais pas confiance.

-"Mais tu ne veux pas me dire pourquoi?

-"Non je ne veux. Et puis c'est dégradant de laissé votre corps aux yeux des autres.

-"Est-il si laid?

-"Non. Il est même... magnifique." Je regardais Kaikan. Tendis mon bras vers lui pour le carresser.

-"Serais-tu un homme Kaikan?

-"Non..." Me répondit-il. Je me replonga dans l'eau chaude.

-"Je te dois tellement de choses. Je ne t'appartiens pas, c'est moi qui t'ai. Tu auras toujours une place ici. Comme tous les autres. Mais si toi, Ookami, ou les autres tentaient ne serais-ce que me quitter. Je le tuerais de mes propres mains..."

-"Je suis celui qui vous a sauvé de la mort, qui ait écouté vos paroles délicates chaques soirées. Pourtant jamais désir n'a été de vous abandonner.

Je me leva, pris une serviette noire et m'enveloppa dedans.

"C'est vrai que tu es le seul à avoir vu toutes les cicatrices de mon corps..."

(¯`·._.·->  <-·._.·´¯)

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Commentaires

Ookami s'en fut sur le canapé et se roula dans un coin.

Iln'était pas véxé, il n'en voulait pas a Kaikan d'etre méfiant car, a sa place, il aurait fait pareil.Comment faire confiance a un être dont on ignore tout? Et s'il ne parle pas, comment en aprendre davantage? Il attendrait juste de meriter la confiance de celui-ci, car il faudrait qu'ils s'entendent car jamis Ookami ne la quitterait, jusqu'à la nuit des temps il serait la pour celle qui, par une froide matinée d'hivers, lui avait ouvert sa porte sans pour une fois lui demander quoi que ce soit, ni prendre peur en voyant ses yeux qui de loup si étrange sur un chaton.
Il ferma donc les yeux et attendit que la Princesse ressorte et pose ses yeux sur lui, laissant son esprit s'ouvrir à toutes les pieces de ce chateau et ses alentours, ressentant ce vide qui semblait plein, mais de quoi il ne le savait pas.
La seule piece que son esprit contourna fut une des salles de bain, ou etait en train se se baigner la jeune Princesse, il respecterai toujours cette jeune femme et donc son inimité, ou il se le ferait payer lui même.

Peut être un jour réentendrait-il ce bruit étrange et cristallin qui avait tant effrayé la Princesse et son ami, et peut être comprendrait ce qui causait ce doux son mélodieux, lui qui n'avait qu'un vague souvenir qu'un jour il l'avait entendu par le passé, avant que des murailles de pierre infranchissables n'en enferme la source dans l'ombre. Pas même une porte ne pouvait y mener, il avait par conséquent oublié son existance jusqu'à entendre ce bruit en arrivant ici, qui avait résonné jusqu'à effleurer ces remparts.

Écrit par : Ookami | 08/05/2009

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